Aller au contenu
Beveiligingsnieuws

Cyberattaques iraniennes : 10 millions de récompense US

Mabna Institute hackers

Les autorités américaines ont annoncé, cette semaine, des accusations visant 17 personnes associées à Mabna Institute, une organisation basée en Iran. Selon le ministère de la Justice, ces individus auraient mené des intrusions informatiques contre des centaines d’organisations aux États-Unis et à l’étranger, dans le but de voler des ressources scientifiques et des données de propriété intellectuelle.

Dans le cadre du programme Rewards for Justice, Washington propose en parallèle une récompense 10 millions pouvant aller jusqu’à 10 millions de dollars pour des informations permettant d’aboutir à l’arrestation de cinq personnes identifiées dans l’acte d’accusation.

Une enquête américaine centrée sur l’accès à des comptes universitaires

D’après l’acte d’accusation supersédant comportant 14 chefs, Mabna Institute aurait été créé en 2013 pour aider des universités et des organismes de recherche situés en Iran à se procurer des ressources scientifiques provenant d’institutions n’appartenant pas au pays. Le dossier décrit une activité axée sur des cibles académiques et des organisations relevant du secteur privé.

Les accusations indiquent que les intrusions auraient touché 144 universités aux États-Unis et 178 institutions à l’étranger, ainsi que des entreprises privées (42 aux États-Unis et 11 à l’international). Les procureurs mentionnent également cinq agences gouvernementales aux États-Unis et au moins deux organisations non gouvernementales.

Des cibles multiples, des volumes de données considérables

Le ministère de la Justice affirme que les intrusions auraient permis le vol de plus de 31 téraoctets de données académiques et de propriété intellectuelle. Les procureurs évoquent aussi des compromissions de comptes de messagerie appartenant à des employés et chercheurs, un levier qui peut faciliter l’exfiltration d’informations et l’accès à d’autres systèmes.

Au total, l’acte d’accusation avance que plus de 100 000 professeurs dans le monde auraient été visés. Les enquêteurs estiment en outre qu’environ 8 000 comptes de professeurs auraient été compromis, au sein de 144 universités aux États-Unis et 178 institutions dans de multiples pays.

Des pays touchés sur plusieurs continents

Selon les informations communiquées dans le dossier, les institutions compromises se trouvent notamment en Australie, au Canada, en Chine, au Danemark, en Finlande, en Allemagne, en Irlande, en Israël, en Italie, au Japon, en Malaisie, aux Pays-Bas, en Norvège, en Pologne, en Arabie saoudite, à Singapour, en Corée du Sud, en Espagne, en Suède, en Suisse, en Turquie, au Royaume-Uni et dans d’autres pays.

Accès par identifiants dérobés et exfiltration de documents

Le ministère de la Justice indique que les auteurs présumés auraient utilisé des identifiants volés pour accéder aux comptes des professeurs ciblés. Une fois l’accès obtenu, l’objectif aurait été d’extraire des données et des documents provenant de travaux de recherche.

Le dossier mentionne des disciplines variées, notamment dans les domaines de l’ingénierie, de la médecine, de la technologie et d’autres secteurs académiques. Cette diversité suggère une approche opportuniste visant à maximiser la valeur des informations obtenues.

Les autorités rapportent également que les comptes compromis auraient servi de point d’entrée pour faciliter le transfert des données vers l’extérieur, au moyen de mécanismes d’exfiltration.

Des intrusions liées à l’Iran : rôle attribué au CGRI

Dans la description du dossier, les procureurs soutiennent que les personnes inculpées auraient agi pour le compte du Corps des gardiens de la révolution islamique de l’Iran. Autrement dit, l’enquête rattache l’activité de piratage à une structure étatique, selon l’interprétation du ministère américain.

L’acte d’accusation cite aussi des noms associés à la création et à l’organisation présumée de l’activité. Il fait état de la fondation de Mabna Institute par Gholamreza Rafatnejad et Ehsan Mohammadi, ainsi que de l’implication d’autres personnes dans des rôles d’employé, de contractant ou d’affilié.

Vente des données : intermédiaires et mécanismes de monétisation

Au-delà du vol, le dossier aborde la question de la commercialisation. Les procureurs allèguent que certaines données auraient été vendues via Megapaper et Gigapaper, deux entreprises présentées comme liées à une personne citée dans l’acte d’accusation.

Ce type d’allégation — vol puis revente — est fréquemment au cœur des enquêtes sur les opérations de cybercriminalité à grande échelle. Dans ce cas précis, la logique décrite par les procureurs combine collecte d’informations, accès à des systèmes au moyen de comptes compromis, puis diffusion de données à des fins lucratives.

Récompense 10 millions : cinq personnes ciblées

Dans le cadre du programme Rewards for Justice, le gouvernement américain propose une récompense 10 millions pouvant atteindre jusqu’à 10 millions de dollars. Les informations recherchées visent à aboutir à l’arrestation de cinq personnes : Mesri, Galekuhi, Kahzadian, Fayaz et Ballojeh.

Le communiqué explique que ces personnes sont associées aux intrusions décrites dans l’acte d’accusation. Les procureurs mettent en avant l’intérêt de toute information utile pour localiser les suspects et faciliter leur interpellation.

Une affaire qui dépasse l’académique

Bien que l’instruction insiste sur les universités et la recherche, elle mentionne aussi des attaques visant d’autres cibles, dont des organisations privées et des agences publiques. Le dossier cite, par exemple, une tentative impliquant HBO, décrite comme une démarche d’extorsion évaluée à 6 millions de dollars.

Cette mention renforce l’idée que l’activité attribuée aux personnes poursuivies aurait pu s’adapter à différents types de cibles, en exploitant des méthodes d’intrusion et d’accès similaires.

Ce que cette affaire rappelle aux organisations

Sans présumer des procédures à venir, l’affaire met en lumière plusieurs points qui concernent largement les organisations, en particulier dans le secteur académique et de la recherche. Les comptes professionnels et universitaires constituent une porte d’entrée précieuse : une fois les identifiants obtenus, l’attaquant peut chercher à étendre son accès et à exfiltrer des documents.

Par ailleurs, la variété des domaines cités dans le dossier souligne l’importance de protéger les données sensibles et de renforcer les pratiques de sécurité autour des messageries, des accès distants et de la gouvernance des identités.

Enfin, les accusations liées à la monétisation de données rappellent que la protection des systèmes n’est pas uniquement une question technique : elle touche aussi la réduction du risque global, incluant la prévention de la fuite d’informations et la limitation des impacts potentiels.

Conclusion

En annonçant des charges contre 17 personnes associées à Mabna Institute, les États-Unis décrivent une opération d’intrusion ayant ciblé des universités et d’autres organisations à grande échelle. Les procureurs évoquent plus de 31 téraoctets de données dérobées et la compromission de milliers de comptes de professeurs.

Avec une récompense 10 millions proposée pour l’arrestation de cinq suspects, cette affaire illustre la volonté de Washington de mobiliser des informations externes pour accélérer l’identification des responsables. Pour les institutions concernées, le dossier constitue aussi un rappel concret : la sécurité des identités et des communications reste un enjeu majeur, en particulier lorsque des données de recherche peuvent avoir une forte valeur.

Source: https://www.securityweek.com/us-charges-17-iranian-hackers-offers-10-million-rewards-for-5-of-them/