Aller au contenu
Beveiligingsnieuws

Attaque DDoS contre services publics norvégiens : bilan

Pro-Russische DDoS

Une attaque DDoS services publics a touché, pendant plusieurs jours, plusieurs services numériques du gouvernement norvégien. D’après les informations communiquées par les autorités et relayées par la presse, l’incident a débuté lundi et s’est poursuivi jusqu’au milieu de semaine, avec un impact principalement lié à la saturation du trafic.

Le Digdir, l’agence publique norvégienne en charge de la digitalisation des services pour les citoyens, a indiqué avoir subi la plus importante attaque contre ses solutions depuis le lancement de ses offres numériques. Malgré les perturbations attendues, l’organisme affirme avoir maintenu ses services quasi en permanence.

Une attaque menée via la saturation de trafic

Selon Are Kvistad, porte-parole du Digdir, l’offensive a consisté en des attaques par déni de service (DDoS). L’objectif recherché était de submerger les plateformes avec un volume de connexions très élevé afin de bloquer l’accès aux services.

Parmi les fonctionnalités concernées figurait un dispositif permettant aux citoyens d’utiliser un identifiant unique pour accéder à plusieurs services publics. Dans ce type de contexte, une perturbation peut avoir un effet en chaîne, car la disponibilité du portail d’authentification conditionne l’accès aux systèmes en aval.

Digdir : des services maintenus presque en continu

Interrogé sur la situation, le porte-parole souligne que, même si la menace a été réelle et visible par la forte augmentation du trafic, l’agence a réussi à poursuivre ses activités. Le Digdir indique avoir gardé ses services en fonctionnement pratiquement tout le temps.

Cette précision est importante : dans les incidents DDoS, l’objectif de l’attaquant est souvent d’obtenir une indisponibilité totale ou prolongée. Ici, l’organisation semble avoir activé des mécanismes de protection et d’absorption de charge permettant de limiter l’impact côté utilisateurs.

Revendi­cation d’un groupe pro-russe sur Telegram

Le mercredi, une revendication a été diffusée via Telegram. Elle a été largement reprise par les médias norvégiens, qui font état d’une annonce attribuant l’attaque à un groupe pro-russe se présentant sous le nom de Server Killers.

Dans ce message, le groupe affirme avoir déclaré une forme de “cyber-guerre” contre la Norvège. Le post relie cette escalade à un événement politique : la Norvège aurait renouvelé sa coopération en matière de sécurité avec l’Ukraine le 23 août.

Au moment de la publication des informations, les responsables norvégiens n’auraient pas commenté la revendication, ce qui laisse la chaîne d’attribution à un niveau officiellement non confirmé.

Un contexte européen de vigilance accrue

La Norvège n’est pas le seul pays à surveiller ce type d’attaque. Dans l’ensemble de l’Europe, les autorités indiquent être en alerte élevée, notamment depuis le début, en février 2022, de l’invasion à grande échelle menée par la Russie en Ukraine.

Les responsables politiques et sécuritaires évoquent des objectifs récurrents : affaiblir le soutien à l’Ukraine, provoquer de la peur et de la division au sein des sociétés européennes, et accaparer des ressources qui seraient nécessaires à des enquêtes ou à la protection d’infrastructures critiques.

Des précédents en Norvège et au Danemark

L’incident s’inscrit dans une série de signalements concernant des opérations cyber offensives impliquant, selon les autorités, des acteurs liés à la Russie.

En 2025, la Norvège a évoqué des soupçons visant des pirates russes lors d’un incident de sabotage autour d’un barrage. D’après les éléments rapportés par la police, les attaquants auraient accédé à un système numérique pilotant à distance une vanne du barrage, avec une action visant à augmenter le débit de l’eau. À l’époque, une vidéo d’environ trois minutes montrant la console de contrôle et une marque associée à un groupe cybercriminel pro-russe a été publiée sur Telegram.

Plus récemment, le Danemark a également fait état d’attaques attribuées à des groupes pro-russes. Les autorités danoises ont pointé Z-Pentest pour une action qualifiée d’attaque destructive contre une entreprise de distribution d’eau en 2024. Elles ont aussi attribué à NoName057(16) une campagne visant des sites danois avant les élections locales de 2025.

Dans ces cas, les services concernés ont soutenu que les groupes impliqués entretenaient des liens avec l’État russe, même si chaque affaire doit être évaluée au regard des preuves et du niveau de confirmation disponible.

Pourquoi une attaque DDoS peut impacter les services publics

Les attaques DDoS ne visent pas uniquement à “faire tomber” un site. Elles peuvent aussi :

  • dégrader l’expérience utilisateur (latence, erreurs d’accès, interruptions temporaires) ;
  • perturber des flux critiques comme l’authentification unique ;
  • mobiliser des équipes de sécurité et d’exploitation, au détriment d’autres tâches ;
  • accroître la pression médiatique, ce qui amplifie l’impact politique et psychologique.

Dans le cas décrit par le Digdir, la stratégie semble avoir été orientée vers la saturation, mais l’organisation affirme avoir réussi à conserver l’accès aux services pour les citoyens, ce qui réduit l’objectif final d’indisponibilité prolongée.

Ce que l’incident change pour la préparation des administrations

Même lorsque les plateformes restent fonctionnelles “quasi en continu”, un incident de cette nature sert de test grandeur nature. Les administrations peuvent y vérifier :

  • la capacité à absorber des pics de trafic ;
  • l’efficacité des mesures de filtrage et de limitation ;
  • la résilience de l’architecture, surtout autour des composants partagés comme la connexion multi-services ;
  • la qualité des procédures de communication en situation de crise.

À mesure que les attaques deviennent plus fréquentes et plus connectées aux événements géopolitiques, la préparation reste un enjeu majeur : surveillance, capacité de réponse rapide et coordination entre équipes techniques et responsables.

Conclusion

En Norvège, une attaque DDoS services publics a perturbé plusieurs services numériques gouvernementaux sur une période de trois jours. Le Digdir indique avoir subi l’un des plus grands assauts contre ses solutions, tout en maintenant ses plateformes pratiquement en continu.

La revendication diffusée via Telegram par un groupe se présentant comme pro-russe met en lumière un contexte européen de cybermenaces et de tensions géopolitiques. Tant que les autorités n’établissent pas de confirmation officielle, l’affaire doit être suivie comme un signal clair : la résilience des services numériques publics reste essentielle, jour après jour.

Source: https://www.securityweek.com/pro-russian-hackers-claim-responsibility-for-major-cyberattack-on-norways-public-digital-services/